Article_PN_VertPomme-20140316-photoSéverine Dalla dirige la maison d’édition seinomarine Vert Pomme

Article publié le 16/03/2014 à 18H14
http://www.paris-normandie.fr//article/seine-maritime/la-petite-maison-dedition-ecolo-normandedecouvre-paris
ROUEN (Seine-Maritime).

Pas de bureau, pas de locaux professionnels, c’est dans le salon de la maison familiale de Saint-Eustache-la-Forêt, près de Bolbec, que Séverine Dalla reçoit ses visiteurs. C’est là que depuis unan et demi, la « patronne » de Vert Pomme distille ses petits livres pour enfants, des petites BD à la fibre écolo, toujours agrémentées de quelques pages documentaires et pédagogiques.
« Mon idée de départ, c’est de faire des BD pour les jeunes enfants, du CP au CM1, de petitsalbums que les parents puissent aussi raconter, » raconte Séverine qui s’est lancée dans l’aventure à l’automne 2012. Avec comme ligne éditoriale une sensibilisation à l’écologie. « Mais ce ne sont pas des livres documentaires, il y a toujours une vraie histoire. Comme celle de ses ours blancs victimes du réchauffement climatique et qui frappent à la porte d’un igloo… »

Pour la première fois de son existence, la petite maison d’édition, qui a publié sept livres, rentre dans la cour des grands et dans les allées du salon du livre de Paris. « Mes deux derniers livres sont présentés sur la table tremplin du stand de la région » s’amuse Séverine, « ceux-là s’adressent plutôt à des enfants qui vivent en ville. » Comme Séverine dans son enfance. « J’ai été élevée en HLM ». Une envie de verdure pour celle qui a longtemps travaillé dans l’industrie chimique. L’ingénieur développait des peintures pour l’industrie aéronautique de la Défense. « Bosser dans ce genre d’industrie, ça fait ouvrir les yeux. Sans être extrémiste, je trouve intéressant de sensibiliser les enfants à leur environnement dès leur plus jeune âge ». Avec la volonté affichée de sortir trois ouvrages par an. Des projets que des auteurs lui ont envoyés, qu’elle impulse, écrit et illustre elle-même aussi parfois. « Je reçois trois ou quatre manuscrits par semaine. Certains n’ont rien à voir avec la ligne éditoriale de Vert Pomme… »
L’auto-entrepreneuse avoue ne pas encore pouvoir vivre de son activité. « Après avoir réglé les auteurs, l’imprimeur – les deux derniers livres ont été édités à 500 exemplaires – et le libraire, je paie mes charges et mes frais ».

L’éditrice ne compte pas seulement sur les libraires pour se faire connaître, « je diffuse dans d’autres univers, des jardineries, des magasins bio, des magasins pour enfants. » souligne celle qui remplit les fonctions de directrice éditoriale, de commerciale, de logisticienne pour les envois et parfois d’auteur avoue ne pouvoir se verser de salaires dans un premier temps, « mais je tiens à rester à une petite échelle » avoue-t-elle ; elle qui collabore aussi avec une autre maison d’édition, Arthur et compagnie, en tant qu’illustratrice.

Vendredi, elle va passer sa journée porte de Versailles, sur le stand normand, en espérant pouvoir parler de son travail avec des collègues, des lecteurs. L’occasion de croiser certains de ses auteurs qu’elle avoue n’avoir jamais rencontré. « C’est vrai que c’est un peu frustrant, mais nombreux sont ceux qui habitent dans le sud de la France » s’amuse Séverine. « Je vais y retourner le samedi, juste pour le plaisir. Je suis logée chez des amis. » Histoire de ne pas croquer dans le budget de Vert Pomme.

Treize éditeurs haut-normands au Salon du Livre à Paris
Sous une même bannière, celle de la Normandie. L’espace Livres en Normandie co-financé par les deux régions et coordonné par l’agence régionale du livre en lien avec le Centre régional des lettres de Basse-Normandie accueillera 26 maisons d’édition des deux régions. Treize de chaque côté du pont à participer à la 34e édition du Salon du livre de Paris du 21 au 24 mars.
« Trois maisons d’éditions haut-normandes, l’Atelier Mosesu, Racine et Icare et Vert Pomme seront mises en avant sur la table tremplin, c’est leur première participation » souligne Sophie Fauché, chargée de l’économie du livre et de la vie littéraire au sein de l’ARL. « C’est un secteur économique compliqué, mais il y a encore et toujours des maisons d’édition qui se créent chaque année. A la différence d’avant, ce sont souvent des micro-structures, certaines sont des autoentreprises. Elles n’ont pas forcément de locaux, mais cela ne vaut pas dire qu’elles n’ont pas une démarche professionnelle. On reste globalement à une quarantaine d’éditeurs dans la région. »
Le salon de Paris, c’est l’occasion de se faire connaître, « et sous la bannière de la région, les
éditeurs ne sont pas noyés dans la masse » souligne Sophie Fauché. « L’événement permet des rencontres avec des libraires, des diffuseurs, d’autres éditeurs, de se confronter aux lecteurs aussi », poursuit la jeune femme.
Cette année, le Salon du livre met à l’honneur les lettres argentines avec une délégation de 46 écrivains parmi les plus représentatifs de la littérature argentine actuelle. Shangaï est la ville invitée d’honneur avec une délégation de 17 écrivains.

Salon du livre de Paris, porte de Versailles : vendredi 21 et samedi 22 mars 10 h-20 h ;
dimanche 23, 10 h-19 h ; lundi 24, 13 h-19 h.Entrée : 10 €.
Olivier Cassiau