En ce moment, je fais pas mal de chèques pour les « frais » de mes prochaines expos d’automne… (ça vient en plus des commissions, bien sûr – ce système-là, je l’accepte tout à fait si ça ne dépasse pas les bornes des limites du raisonnable…)

Oui, mesdames et messieurs, le métier d’artiste-peintre est un des rares pour lesquels il faut PAYER POUR TRAVAILLER, le saviez-vous ?
J’enrage. Mais je paie, pour l’instant.

Depuis grosso modo 1 an et demi – comme par hasard, les dernières élections, incroyable, non ? – les gens ne sortent plus guère leurs portefeuilles pour se faire plaisir avec une petite oeuvre de temps en temps et décorer leurs maisons, faire des cadeaux, tout ça…, mais non mais non, même pas pour les artistes super connus et talentueux dont je ne fais pas partie… et malgré cela – ou bien à cause de cela ? – les droits d’accrochage, pour des expositions associatives, se maintiennent à des niveaux au-delà de l’acceptable. Voire même augmentent.

Et quand vous voulez exposer quelque part, il faut SYSTEMATIQUEMENT commencer par mettre votre nom au bas d’un papier sur lequel, par la même occasion, vous écrivez de votre plus belle plume un nombre à au moins deux chiffres.
Pourtant, les organisateurs de l’exposition déclinent toute responsabilité en cas de dégradation ou de vol de vos oeuvres, de guerre nucléaire ou d’invasion martienne.
Sisi.

Faut pas m’en raconter, hein, moi aussi je fais partie d’une association, et JE SAIS que les municipalités prêtent leurs locaux GRATUITEMENT un certain nombre de week-ends par an aux associations – même quand elles s’occupent plus de culture que des sorties musées des seniors du village.
Pourtant, c’est toujours pareil : expo + vernissage = 15 à 20 euros, alors que vous vous tapez en général 3 allers-retours sur les lieux, pour amener les toiles, être présent au vernissage et décrocher les oeuvres.
Vous l’aurez peut-être compris au vu des posts de retour de vacances (même si ça ne se voit pas encore trop sur moi), j’aime bien manger et lever le coude de temps en temps, mais… 15 euros de ravitaillement par artiste pour un vernissage, même si on invite des copains pique-assiette et ^qu’on amène ses goinfres de mômes, il faut quand même se les avaler.
Et généralement, la publicité pour ces expos-là se fait sur internet + avec les photocopies couleur gratos de la soeur du mari de la copine qui bosse chez Machin, donc peu de frais d’imprimeur.

Alors ?
Alors, hein ? pourquoi ?

Je me le demande.

Bon, et à part ça, demain c’est le premier essai de collision dans le super accélérateur de particules du CERN. Et si ça se passe mal, ils vont nous fabriquer un bon vieux trou noir des familles, et les chèques que j’ai encore faits et envoyés aujourd’hui n’auront servi à rien, alors qu’ils seront peut-être débités puisque tout se passe dans les limbes du système informatique parallèle des banques.
Ca vous en bouche un coin, hein ?

Bonne journée quand même !!!

3 commentaires

  1. Il faut être riche pour être artiste…!

    Pourtant, ça se vérifie actuellement, nos banquiers ne seront jamais des artistes…

    Bonne soirée

    KERFON LE CELTE

  2. Author

    J’avais déjà posté ça en septembre, et je vais bientôt mettre sur le blog une charmante réponse que j’ai eue suite à un mail interrogatif, destiné aux organisateurs d’un salon…
    Oui, il faut avoir les moyens !!!

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